Nos réussites
Nos étudiants travaillent et effectuent des stages dans de grandes entreprises.


Les Anciens Etic
Retour sur le parcours des anciens élèves

Que sont-ils devenus ?
interview

 

Sébastien Picaud, ancien étudiant de l’Etic, après 3 ans à l’école, une année préparatoire et deux années de formation en BTS, a obtenu son BTS en 2001. Après un passage chez Ripcurl, et fort d’une expérience de plus de 14 ans, il travaille désormais chez DC Shoes, sur la côte basque, en tant que graphiste textile..
Entre deux créations visuelles, il s’est prêté au jeu des questions-réponses.

Etic : Sébastien, tu as obtenu ton BTS en 2001. À l’époque, de quoi avais-tu envie, en terme de projet professionnel ?

Sébastien Picaud : À l’époque, mon plus grand souhait était d’intégrer une agence de com’ spécialisée dans la musique, plus précisément dans la création de pochettes CD, et j’avais 3 agences dans le viseur :

Bronx et 360 à Paris et Tous des K à Marseille. Bien entendu je pense que je n’étais pas le seul que ces agences faisaient saliver, Bronx et Tous des K m’avaient bien fait comprendre qu’ils croulaient déjà sous des tonnes de CV et portfolios, et que tirer son épingle ne serait pas chose aisée. J’avais vraiment en tête de bosser dans un environnement qui me soit familier, et j’avais eu la possibilité d’intégrer quelque temps une agence de com’. Mais je me suis vite rendu compte que la PAO sur Indesign et Xpress pour le journal interne d’EDF n’allait pas me faire vibrer très longtemps.

Etic : Quel est ton parcours depuis ?

SP : Durant l’été 2001… avec un ami, Cédric Neige, nous étions partis sur la côte basque à Anglet pour le salon GLISS’EXPO avec nos books sous le bras, en pensant naïvement montrer nos travaux aux personnes sur place, lesquelles représentaient des marques de l’industrie de la glisse, installées sur la côte ou ailleurs en Europe. Bref, on montre nos books, sans vraiment réaliser que nos interlocuteurs sont plus des commerciaux en recherche de distributeurs et moins des DA de service Design ou marketing.

Cependant 6 mois plus tard une jeune marque lyonnaise que j’avais rencontré lors du salon m’appelle et me propose un essai sur place. Ils étaient dans le créneau Skate/Graffiti, des domaines qui m’étaient plus que familiers. Car skatant depuis l’âge de 10 ans je laissais aussi ma trace au marqueur et à la bombe dans les rues et les terrains vagues depuis quelques années déjà à cette époque… Cette expérience lyonnaise sera un tremplin : je deviens graphiste textile, je me familiarise avec les techniques d’impression sur textile, la broderie etc., et je prends goût à çà.

6 mois plus tard, je tente ma chance Chez RIPCURL Europe, très attiré par la marque tout d’abord, puis par la région que je connais et que j’adore, Hossegor . Je me sens plus serein quand je les sollicite, car mon book, en 6 mois, s’est étoffé, plus professionnel et moins scolaire, mais surtout je me suis spécialisé dans le textile. Je me tourne vers le bureau de style de la marque, et ces derniers me proposent un CDI quelques semaines plus tard. Là je découvre vraiment l’industrie textile à grande échelle. Contrairement à la petite marque lyonnaise genre « fait maison » , chez RIPCURL je découvre que mes collègues sont désormais australiens, américains, européens ; les fournisseurs sont chinois ou indiens pour la plupart. J’apprends à faire de vrais dossiers techniques, à respecter des deadlines, à assister à des visio-conférences, « conf-call » comme ils disent, en anglais, et la cerise sur le gâteau les déplacements : shopping trip, inspiration trip, aux USA souvent.

RIPCURL sera une super bonne école, où la moyenne d’âge de 27 ans affichait vraiment l’esprit jeune et dynamique et tout ça autour du surf et de la fête…

Après 5 ans chez RIP, j’intégre 2 autres grandes marques moins spécialistes de glisse et plus Prêt à porter à Paris puis Toulouse en espérant amener ces marques vers quelque chose de plus intéressant graphiquement sur les lignes textiles. Elles n’auront pas été des expériences très convaincantes pour moi, moins internationales déjà et beaucoup plus frileuses niveau création. C’est pourquoi il y a 5 ans j’ai réintégré une marque qui me ressemble beaucoup plus, plus encore que RIPCURL, car celle-ci est profondément ancrée dans le monde du skateboard.


WEBSITE : www.sébastienpicaud.com

INSTAGRAM : this_way_out

Etic : Peux-tu présenter ton travail actuel ? L’entreprise, et tes propres responsabilités ?

Sébastien Picaud : Je suis Senior Global Apparel Graphic Designer, Chez DC Shoes, ici à St Jean de Luz au sein du campus Quiksilver qui abrite environ 500 salariés pour les 3 marques du groupe : DC, Quiksilver et Roxy. Je suis responsable des collections Screenlines ; ce sont les collections de T-shirts sérigraphiés, pour le marché international en homme, femme et enfant. Je suis épaulé par un autre graphic designer ici, et 2 autres au QG en Californie. En plus de mon collègue et moi, l’équipe Design Europe se compose aussi de 3 stylistes, 5 responsables-produit (apparel et footwear) et 4 développeurs sous la direction d’un Responsable du Style (Head of Design). Mon équipe est franco-anglo-américaine. Ma fonction principale est de « designer » la collection de t-shirts « printés » en fonction des tendances, en respectant un plan de collection, mais aussi des marges qui peuvent évoluer en fonction des lieux de fabrication. J’ai des deadlines à respecter, et j’ai une complète liberté pour gérer mon temps de travail tant que ces deadlines sont respectées. Je dessine environ 1 an en amont les artworks avant la sortie en magasin. Par exemple je commence actuellement fall 17 qui correspond à Automne 2017. Les artworks vont de l’illustration à ce qu’on appelle de l’extended logotype ( les t-shirts avec du logo et de l’habillage autour ).

Je rencontre 2 à 3 fois par an mes fournisseurs d’Inde plus principalement, afin de trouver avec eux des nouveaux traitements que l’on peut apporter aux vêtements. Il m’arrive aussi chaque saison de devoir trouver des artistes et proposer à la marque des collaborations avec ces derniers. Ceci m’a permis de travailler avec des gens tels que Kevin Lyons, 123 Klan, Sean Cliver, Pick Me Up London, Jean Julien, Mark Ward, Num Skull, Lacko… essentiellement illustrateurs et photographes. Je travaille sur 4 saisons par an, et me déplace régulièrement sur des salons européens ou au QG Californien.


Etic : Et que préfères-tu dans ce que tu vis actuellement ?

SP : Le cadre joue énormement sur la qualité des conditions de travail. Le campus quiksilver est une structure vraiment zen, à 2 minutes de l’océan. On a des terrains de basket, un resto, un skate park en plus, ce qui facilite la jonction entre l’utile et l’agréable, et les horizons culturels differents de chacun, de part nos différences de nationalités surtout, donnent une vrai dynamique dans le groupe.
On a des moments de stress par moment, normal… cela représente un gros business, mais on a aussi des moments de totale relâche. La situation géographique m’est importante, je me sens nul part en France aussi bien qu’ici sur la côte basque.

L’immersion totale quotidienne dans le monde du skate et de la culture graphique street me facilite grandement la tâche je dois l’avouer. Je fais toujours un peu de skate, et je graff encore le week-end sur les blockhaus des plages landaise ! Enfin pour conclure, croiser quelqu’un à l’étranger qui porte un de ses t-shirts désigné des mois avant, procure toujours une certaine satisfaction !!


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