Worldskills france abu Dhabi 2017 Championne de france arts graphiques

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Championne de France, médaillée d’or, elle revient 6e mondiale d’Abu Dhabi avec une médaille d’excellence en Arts graphiques et pré-presse. Elle sort de l’année de Bachelor, qu’elle a menée quasiment complètement malgré l’intense travail à fournir, tant à l’école, qu’en préparation de la compétition internationale.


Sandy répond à nos questions…
Pourquoi as-tu eu envie d’aller au bout de ce défi ? Comment l’idée t’est-elle venue ?

Sandy : En 2014, je suis en terminale en Bac professionnel, et l’un de nos professeurs nous parle de ce concours en nous disant brièvement que si nous passons l’étape des régionales, nous aurons plus de chance d’avoir notre Bac. Alors je le fais, je termine 1ère, et on m’annonce que je vais devoir représenter la Région Centre à Strasbourg pour les finales nationales. À Strasbourg, je me rends compte de l’ampleur du concours, de ce que cela peut nous apporter professionnellement par la suite, des rencontres de professionnels que nous faisons et aussi des rencontres d’autres passionnés de notre métier. Je termine 8e sur 17 cette année-là. Mais je n’aime pas rester sur un échec, alors je recommence les sélections dés 2015… et je finis championne de France en avril 2017.

Comment as-tu préparé tout ça ? Cela a dû être difficile !

Sandy : En équipe de France, nous avions une phrase qui rythmait notre quotidien pendant ces 8 mois d’entraînement intensif. « Oui, c’est difficile, mais on est entraîné pour cela ». Pour la préparation des finales nationales à Bordeaux, j’ai eu la chance de pouvoir être soutenue par les enseignants d’Etic notamment par Stéphane Goiffon, qui m’a entraîné. Pour la compétition internationale, le plus gros du travail était à la maison, je m’entraînais environ 8h par jour en plus de mon temps de travail en alternance, week-end et vacances également. J’étais en contact tous les jours avec mon expert Robin Gillet ; on affinait les entraînements, l’apprentissage de la technique, les méthodes de création et la recherche de concept rapide. J’ai également eu 2 semaines d’entraînement uniquement dédiées au perfectionnement de mes lacunes. Ces semaines se passaient à Etic avec mon expert, la vice-championne de France ainsi que la médaille de bronze, ce qui nous permettait de compléter nos connaissances. J’ai aussi eu la chance de partir faire une Friendly Compétition à Abu Dhabi où j’ai terminé 1ère. J’ai également reçu des cours de Philippe Erlos, enseignant en technique de communication orale à Etic, pour la préparation mentale et grâce à Worldskills je suis aussi partie 1 semaine au Canada pour une préparation mentale. En équipe de France, nous avons eu également 2 semaines de préparations physique et mentale qui nous ont permis de construire une vraie équipe avec les autres membres de l’équipe de France.  Et je dois dire que l’école, la CCI 41 m’ont soutenue et aidée de façon concrète. Je me suis sentie entourée.

Sandy champion ecole etic blois design graphique pre-presse
Sandy champion worldskills Abu Dhabi

Peux-tu nous décrire ce que tu as vécu aux Wordskills à Abu Dhabi ? Peux-tu nous raconter cette aventure ?

Sandy : Pendant 8 mois, on ne pense qu’à ces 4 jours de compétition que nous aurons la chance de vivre une fois dans notre vie. La compétition Worldskills, c’est 4 jours de compétition avec plus de 1300 candidats qui viennent de 77 pays différents. La particularité du concours est aussi que c’est un concours ouvert au public et plus de 100 000 personnes viennent nous regarder travailler tous les jours. En équipe de France nous sommes préparés à cela, mais une fois sur place tout est plus grand que ce que l’on a imaginé. La compétition comptait aussi 500 supporters français venus nous encourager. Pour ma part, le premier jour de compétition était consacré à l’identité visuelle (logo, charte graphique de 16 pages, 3 cartes postales), le second à l’édition (8 doubles pages et couverture d’un magazine), le troisième le jour du packaging (3 paper toys) et le dernier jour était un travail non noté en groupe avec plusieurs pays sur du design digital. Durant la compétition nous passons par tous les états émotionnels, le stress, la pression du timing, la satisfaction d’avoir terminé, l’encouragement pour les autres membres de l’équipe, la fierté de voir ses proches venir nous encourager, la colère face aux injustices parfois. Mais ces émotions sont décuplées à la cérémonie de clôture, lors de l’annonce des résultats, la déception pour moi de ne pas être appelée sur le podium, la joie et l’euphorie pour nos amis qui ont la chance d’être médaillés sur le podium et la déception et la tristesse pour nos amis qui n’auront aucune médaille.

Et qu’en retires-tu ?

Sandy : J’ai terminé cette aventure à la 7e place mondiale sur 29 à 2 points du podium, j’ai décroché la Médaille d’Excellence (Plus de 600 points sur 700). Maintenant, j’ai avant tout une grande envie de transmettre ce que l’on m’a appris, peut-être en devenant jury pour les prochaines Olympiades Nationales et entraîner le prochain candidat représentant la Région Centre. La compétition m’a permis de prendre confiance en moi et en mon travail, mais aussi de connaître des personnes du monde entier qui ont la passion pour le design et d’échanger avec eux sur leur façon de travailler, leur manière de voir le métier, échanger des techniques, ainsi que, avec l’équipe de France, connaître des personnes qui ont autant de passion pour leur métier que nous. Worldskills c’est une grande aventure humaine et c’est aussi la chance de s’ouvrir les portes de l’international. J’ai notamment eu des propositions d’embauche à Abu Dhabi et au Canada. C’est aussi l’opportunité et l’honneur de représenter son pays, de faire partie d’une équipe de France soudée, de montrer le savoir faire français de notre métier, mais aussi et surtout de mettre à l’honneur la formation professionnelle.

Merci Sandy ! Et pour nous c’était un plaisir de t’avoir suivie comme étudiante, et soutenue dans ce magnifique projet !



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